Extrait du chapitre 4 : l’évaluation par la venture capital method

L’évaluation de l’entreprise

L’évaluation de l’entreprise est un élément clé des opérations d’ouverture du capital puisqu’elle détermine le nombre d’actions, et donc le pourcentage de participation, obtenus par les nouveaux actionnaires  en échange de leur apport. Ceci est crucial à la fois en termes de pouvoir (qui contrôlera l’entreprise ?) et en termes financiers (comment sera réparti le prix en cas de cession ultérieure ?).

Évaluer une entreprise n’est jamais facile. Dans le cas des jeunes entreprises innovantes, généralement non cotées en bourse, qui sont l’objet de ce livre, la tâche est encore plus ardue à tel point que l’évaluation semble parfois relever plus d’un pari que du résultat d’une démarche rationnelle. En effet la valeur d’une entreprise est déterminée par les flux de trésorerie, les dividendes, ou les bénéfices qu’elle génèrera dans le futur. Les jeunes entreprises innovantes distribuent rarement de dividendes et leurs résultats futurs sont par nature extrêmement incertains. Ils dépendent du développement de nouvelles technologies et/ou de la commercialisation de nouveaux produits ou services, de marchés en émergence, de réglementations ou de normes non encore stabilisées, et de la capacité des membres d’une équipe récemment constituée à travailler ensemble et à faire face aux difficultés avec cohésion.

De plus les ouvertures de capital ont lieu dans un contexte concurrentiel. Selon les cas, les actionnaires entrants peuvent être tentés d’offrir des conditions financières déraisonnables pour « faire le deal » ou, au contraire, se montrer excessivement conservateurs dans leur évaluation et présenter une offre contraire aux intérêts des actionnaires historiques. Ces derniers ont aussi parfois des exigences dont le manque de réalisme rend toute transaction impossible.

Ce chapitre est organisé en trois sections. Les deux principales méthodes d’évaluation utilisées par les professionnels de la finance sont tout d’abord exposées : la méthode des flux de trésorerie libres (appelée aussi méthode DCF, pour discounted cash flows) (section 1) et la méthode comparative, basée sur les multiples de sociétés ou de transactions comparables (section 2). Ces méthodes, qui ont été développées dans le cadre d’entreprises mûres, ont cependant leurs limites quand il s’agit d’évaluer une jeune entreprise dont les résultats et les flux de trésorerie sont négatifs. La venture capital method, qui permet de prendre en compte cette situation, est présentée dans la section 3.

  1. 1.      La méthode des flux de trésorerie libres (DCF)

2. La méthode des multiples, ou des « comparables »

3. L’évaluation d’entreprises sans bénéfices : la venture capital method

L’évaluation d’entreprises sans bénéfices pose des problèmes spécifiques. C’est notamment le cas des jeunes entreprises technologiques de type start-up,susceptibles de demeurer en perte durant plusieurs années car elles doivent investir en recherche et développement avant de générer des ventes. Comment, pour les tenants de la méthode des comparables, valoriser une entreprise en perte ? […]

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